Euronext Paris, compartiment A — CAC Next 20, SBF 120 — ISIN FR0000051807 — Ticker TEP. Clôture du 7 août 2026 : 70,00 €. Après une baisse de 88,4 % en 4,2 ans — la plus profonde et la plus longue de son histoire boursière — l’ex-fleuron français de la relation client présente une configuration technique contradictoire : il vient de franchir par le haut la résistance de son canal baissier de moyen terme, tout en restant sous le support de son canal haussier trentenaire. Dix fonds déclarent 10 % du capital vendu à découvert. Veille documentaire, en scénarios pondérés.
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I — Analyse technique
Le canal séculaire : une sortie par le bas, inédite en trente-quatre ans
Teleperformance | PH : 402,10 € | PB : 1,807 € | Der : 70,00 € (07/08/2026)

Sur trente-quatre ans et demi de cotation, le titre s’est inscrit dans un canal haussier d’une remarquable régularité. La droite de résistance (rouge) se situe aujourd’hui à 709 €, la droite médiane (blanche) — axe d’équilibre du canal et premier objectif de toute normalisation — à 249,4 €, et la droite de support (verte) à 87,7 €.
Le cours de 70,00 € se trouve donc sous le support du canal. En positionnement logarithmique, il s’inscrit à −10,8 % de la largeur du canal en dessous de sa borne inférieure. Ce n’est pas une anecdote graphique : sur les 8 835 séances de l’historique, seules 276 clôtures — 3,1 % — se situent sous cette droite, et elles se répartissent en deux épisodes seulement. Neuf séances en novembre 2011. Puis 260 séances consécutives depuis le 1er août 2025. L’enfoncement maximal a été atteint le 30 juin 2026, à −30,3 % de largeur de canal.
Le précédent de 2011 mérite d’être cité comme fait historique, non comme analogie : le creux du 23 novembre 2011, à 13,10 €, a précédé une hausse de 2 923 % en dix ans. L’échantillon compte une seule observation. Il ne fonde aucune prévision.
Deux lectures s’opposent, et l’article ne les tranchera pas. Soit le canal conserve sa validité et le cours doit rejoindre sa borne inférieure, ce qui suppose un retour vers 87,7 €, puis, à horizon lointain, vers la médiane. Soit le canal a perdu sa pertinence — hypothèse d’un redéclassement structurel du modèle d’affaires — et sa géométrie n’a plus valeur de référence. Trois décennies de validité ne garantissent pas la trente-cinquième année.
| Canal séculaire — paramètres | |
| Rendement actuariel annuel | +13,05 % / an |
| Amplitude positive (depuis le support vert) | +708,4 % |
| Amplitude négative (depuis la résistance rouge) | −87,6 % |
| Position dans le canal (échelle log) | −10,8 % (hors canal, sous le support) |
| Écart au support vert (87,7 €) | +25,3 % |
Le taux de +13,05 % par an est la pente de la régression log-linéaire du canal, non un taux de croissance annuel moyen constaté. Sur la même période, le rendement annualisé réellement réalisé par le cours — hors dividendes — s’établit à +10,88 % par an. L’écart de deux points entre les deux chiffres n’est pas un artefact de calcul : il mesure précisément le retard actuel du cours sur sa tendance historique.
Le canal baissier de moyen terme : une sortie par le haut, la deuxième en trois mois
Teleperformance | PH : 402,10 € | PB : 43,65 € | Der : 70,00 € (07/08/2026)

Depuis le sommet historique de janvier 2022, le titre évolue dans un canal baissier d’une rigueur symétrique à celle du canal haussier qui l’a précédé. La résistance (rouge) se situe aujourd’hui à 65,6 €, la médiane (blanche) à 46 €, le support (vert) à 32,3 €.
À 70,00 €, le cours est au-dessus de la résistance : le positionnement logarithmique ressort à 109,2 %, soit 9,2 % de largeur de canal au-delà du plafond. C’est un événement rare et, surtout, récent : sur 1 176 séances depuis janvier 2022, onze clôtures seulement se situent au-dessus de cette droite. Six en mai 2026, cinq depuis le 31 juillet 2026.
Le précédent de mai 2026 : le même signal a déjà échoué
Du 18 au 25 mai 2026, le cours a clôturé six séances au-dessus de la résistance du canal baissier, jusqu’à 75,94 €. Cinq semaines plus tard, le 30 juin, il clôturait à 45,98 € : −39,5 %. La configuration technique actuelle est, à ce stade, indiscernable de celle de mai. Toute lecture constructive doit intégrer cette donnée.
| Canal baissier de moyen terme — paramètres | |
| Rendement actuariel annuel | −34,60 % / an |
| Amplitude positive (depuis le support vert) | +103,1 % |
| Amplitude négative (depuis la résistance rouge) | −50,8 % |
| Position dans le canal (échelle log) | 109,2 % (hors canal, au-dessus de la résistance) |
Tableau des cycles longs (1992-2026)
| Date | Cours (€) | Variation | Durée phase (ans) | Durée cycle (ans) | Extremum |
|---|---|---|---|---|---|
| 07/01/1992 | 1,81 | — | — | — | Début |
| 14/03/2000 | 50,44 | +2 691,47 % | 8,18 | — | Sommet |
| 18/09/2001 | 11,56 | −77,08 % | 1,51 | 9,70 | Creux |
| 05/04/2002 | 27,72 | +139,84 % | 0,54 | — | Sommet |
| 01/04/2003 | 9,49 | −65,76 % | 0,99 | 1,53 | Creux |
| 25/05/2007 | 34,30 | +261,41 % | 4,15 | — | Sommet |
| 27/10/2008 | 14,18 | −58,66 % | 1,43 | 5,57 | Creux |
| 08/02/2011 | 28,51 | +101,06 % | 2,28 | — | Sommet |
| 23/11/2011 | 13,10 | −54,05 % | 0,79 | 3,07 | Creux |
| 03/01/2022 | 396,00 | +2 922,90 % | 10,11 | — | Sommet |
| 25/03/2026 | 45,77 | −88,44 % | 4,22 | 14,34 | Creux |
| 07/08/2026 | 70,00 | +52,94 % | 0,37 | — | Position actuelle |
La lecture est sans ambiguïté : la baisse achevée le 25 mars 2026 est la plus profonde et la plus longue de l’histoire boursière du titre. En amplitude, −88,44 % contre un précédent record de −77,08 % en 2001. En durée, 4,22 ans contre un précédent record de 1,51 an. Les quatre baisses antérieures s’étaient résolues en moins de dix-huit mois ; celle-ci a duré presque trois fois plus longtemps. Le cycle complet, de creux à creux, atteint 14,34 ans, là encore un record.
Les cinq phases haussières historiques affichent une durée médiane de 4,15 ans et une amplitude médiane de +261 %. En excluant les deux méga-cycles de 1992-2000 et 2011-2022, qui ne se reproduiront vraisemblablement pas dans les mêmes proportions, l’amplitude médiane retombe à +140 %. La phase haussière en cours affiche +52,94 % en 0,37 an. Statistiquement, le mouvement est très jeune. Cela ne dit rien de son aboutissement.
Le creux cyclique et le plus bas absolu ne tombent pas le même jour
Le point bas en clôture a été touché deux fois à trois mois d’intervalle, à 0,5 % près : 45,77 € le 25 mars 2026 et 45,98 € le 30 juin 2026. Le plus bas intrajournalier de la période, en revanche, date du 30 juin : 43,65 €. Le creux cyclique retenu dans le tableau est celui du 25 mars, parce que les cycles sont calculés sur les clôtures. Les deux dates racontent la même chose : le marché a testé deux fois le même plancher, et la seconde fois pour une raison exogène — l’abaissement des prévisions du concurrent américain Concentrix, qui a fait chuter TP de 13 % le 30 juin sans qu’aucune information propre au groupe ne soit publiée.
Cycles courts depuis 2022 : huit rebonds, huit échecs
| Date | Clôture (€) | Variation | Phase (ans) | Extremum |
|---|---|---|---|---|
| 03/01/2022 | 396,00 | — | — | Début |
| 29/09/2022 | 249,60 | −36,97 % | 0,74 | Creux |
| 26/10/2022 | 276,00 | +10,58 % | 0,07 | Sommet |
| 10/11/2022 | 175,95 | −36,25 % | 0,04 | Creux |
| 02/02/2023 | 273,40 | +55,39 % | 0,23 | Sommet |
| 26/10/2023 | 99,10 | −63,75 % | 0,73 | Creux |
| 24/01/2024 | 153,20 | +54,59 % | 0,25 | Sommet |
| 01/03/2024 | 111,00 | −27,55 % | 0,10 | Creux |
| 05/03/2024 | 113,15 | +1,94 % | 0,01 | Sommet |
| 19/03/2024 | 84,04 | −25,73 % | 0,04 | Creux |
| 31/07/2024 | 119,20 | +41,84 % | 0,37 | Sommet |
| 17/12/2024 | 80,08 | −32,82 % | 0,38 | Creux |
| 06/03/2025 | 107,70 | +34,49 % | 0,22 | Sommet |
| 20/06/2025 | 75,36 | −30,03 % | 0,29 | Creux |
| 25/07/2025 | 89,42 | +18,66 % | 0,10 | Sommet |
| 25/03/2026 | 45,77 | −48,81 % | 0,67 | Creux |
| 19/05/2026 | 75,94 | +65,92 % | 0,15 | Sommet |
| 30/06/2026 | 45,98 | −39,45 % | 0,11 | Creux |
| 07/08/2026 | 70,00 | +52,24 % | 0,10 | Position actuelle |
Ce tableau est le contrepoids indispensable à toute lecture optimiste. Depuis janvier 2022, huit rebonds ont été entièrement effacés. Le plus ample a atteint +65,92 % — celui de mars-mai 2026 — avant de rendre 39,5 % en six semaines. Le rebond actuel affiche +52,24 %. Il entre donc dans la zone où toutes les tentatives précédentes ont échoué, sans qu’aucune n’ait jamais franchi ce plafond de +66 %.
La durée médiane d’un cycle complet, mesurée de sommet à sommet, ressort à 0,41 an, soit un balancier d’environ cinq mois. Ce régime de va-et-vient se lit aussi dans la volatilité : 56,8 % annualisée en 2026, contre 44,6 % en 2025 et 35,2 % sur la période 1992-2021, avec vingt séances sur cent cinquante-trois affichant une variation supérieure à 5 %. Les niveaux graphiques doivent donc être lus avec une tolérance large.
Zones de référence : une confluence remarquable entre 84 et 90 euros
Les niveaux ci-dessous ne sont pas des prévisions. Ce sont des repères historiques et géométriques indépendants dont la coïncidence est en elle-même une information.
| Zone | Niveau | Nature du repère | Écart |
|---|---|---|---|
| Zone décisive 84 – 90 € | 89,42 € | Sommet cyclique du 25/07/2025 | +27,7 % |
| 87,70 € | Support du canal séculaire | +25,3 % | |
| 85,72 € | Dernière clôture avant le krach du 01/08/2025 | +22,5 % | |
| 84,84 € | Borne haute du gap du 01/08/2025, non comblé | +21,2 % | |
| Première résistance 75 – 78 € | 78,14 € | Plus haut intrajournalier depuis le krach (19/05/2026) | +11,6 % |
| 75,94 € | Sommet cyclique du 19/05/2026 (faux signal) | +8,5 % | |
| 75,66 € | Borne basse du gap du 01/08/2025 | +8,1 % | |
| Cours actuel | 70,00 € | Clôture du 07/08/2026 | — |
| Pivot | 65,60 € | Résistance du canal baissier — support si la sortie se confirme | −6,3 % |
| Zone de plancher 43 – 46 € | 46,00 € | Médiane du canal baissier | −34,3 % |
| 45,98 € | Second creux en clôture (30/06/2026) | −34,3 % | |
| 45,77 € | Creux cyclique en clôture (25/03/2026) | −34,6 % | |
| 43,65 € | Plus bas intrajournalier (30/06/2026) | −37,6 % | |
| Borne basse | 32,30 € | Support du canal baissier | −53,9 % |
La zone des 84-90 € concentre quatre repères construits de manière totalement indépendante : une droite de régression calculée sur trente-quatre ans, un sommet cyclique, une clôture historique et une discontinuité de cotation. Leur regroupement dans une bande de cinq euros n’est pas construit : il est constaté. C’est cette zone, et non le cours actuel, qui constituera le véritable test de la thèse de normalisation. Entre 78 et 84,84 € s’étend en revanche un vide de cotation — le gap du 1er août 2025, jamais comblé — où le cours n’a pas de repère historique.
Liquidité et positions vendeuses : un flottant devenu terrain de dérivés
Cette partie n’appartient ni à l’analyse graphique classique ni à l’analyse fondamentale. Elle est pourtant, sur ce dossier, indispensable à la compréhension des mouvements de cours.
Au 9 août 2026, dix fonds déclarent une position vendeuse nette sur Teleperformance, pour 6 104 031 titres, soit environ 10,2 % du capital et 427 millions d’euros. Le règlement européen impose la notification à l’AMF au franchissement de 0,1 % du capital et la publication dès 0,5 %. Les positions les plus importantes sont détenues par Point72 (2,11 %), Citadel (1,98 %) et Marshall Wace (1,89 %).
Le calendrier d’ouverture de ces positions est instructif. Citadel a initié la sienne le 24 mars 2026, soit la veille du creux historique du 25 mars. Two Sigma le 30 juin, jour du second creux. ExodusPoint le 30 juillet, jour de la publication des résultats semestriels. Autrement dit, quatre fonds ont ouvert ou renforcé leur pari baissier après le point bas, pendant la remontée. Il ne s’agit pas d’un héritage de 2024 : c’est une conviction activement renouvelée.
Face à cela, la liquidité a nettement reculé. Le volume médian quotidien s’établit à 301 645 titres en 2026. Les capitaux échangés, eux, sont passés d’une médiane de 21,1 millions d’euros par jour avant le krach de 2025 à 14,4 millions en juillet-août 2026, soit un recul de 32 %. Le nombre de titres échangés a pourtant augmenté d’un tiers sur la même période : c’est la conséquence mécanique d’un cours divisé par deux. Or pour un investisseur institutionnel, la contrainte se mesure en euros, pas en titres.
Conséquence arithmétique : au rythme du volume médian de 2026, il faudrait environ vingt séances de bourse — quatre semaines pleines — pour déboucler l’ensemble des positions vendeuses. Une telle position ne se rachète pas dans l’ordre. Elle se rachète par à-coups, ce qui explique la brutalité des mouvements : le 31 juillet 2026, le titre a ouvert en baisse de 7,2 %, touché 55,50 € en séance, puis clôturé à +13,2 %, avec une amplitude intraséance de 29,7 % et 87 millions d’euros de capitaux échangés.
L’infrastructure qui rend possible une telle position est visible dans les déclarations de franchissement de seuil. Goldman Sachs a déclaré avoir franchi à la hausse le seuil de 10 % du capital le 4 mai 2026, à la suite d’une acquisition d’actions hors marché. Morgan Stanley a franchi le seuil de 5 % des droits de vote le 18 mars 2026, puis celui de 5 % du capital le 2 juillet 2026 avec 3 023 544 actions, par assimilation. Plus révélateur encore : autour du creux du 25 mars, trois franchissements de seuil ont été déclarés en trois séances consécutives sur des titres détenus à titre de collatéral — 5,04 % le 23 mars, 4,83 % le 24, 5,04 % le 25.
Ces détentions ne sont pas des prises de participation : ce sont les jambes de couverture d’opérations de dérivés et de prêt-emprunt de titres. Le flottant de TP est devenu, en partie, un support d’ingénierie financière. Cela n’a rien d’illégitime, mais cela signifie qu’une part des variations quotidiennes du cours reflète des ajustements techniques plutôt qu’un jugement sur la valeur de l’entreprise.
Encadré méthodologique — les graphiques sont hors dividendes
Les canaux et les tableaux de cycles présentés ci-dessus sont établis sur le cours nu, dividendes exclus. Or TP n’a jamais interrompu sa distribution pendant la baisse : 3,30 € au titre de 2021, 3,85 € en 2022 et 2023, 4,20 € en 2024, 4,50 € en 2025, soit un cumul de 19,70 € par action sur cinq exercices — 28 % du cours actuel.
Deux conséquences chiffrées. Le drawdown maximal, de −88,44 % hors dividendes, se réduit à environ −83,5 % pour un actionnaire ayant perçu les coupons depuis le sommet de 2022. Et le rendement total de long terme excède la pente de +13,05 % par an du rendement moyen du dividende sur la période.
Aucune option de paiement en actions n’est proposée sur ce dividende : le montant affiché par les plateformes correspond bien au montant total revenant à l’actionnaire. Ce point mérite d’être vérifié systématiquement, certaines plateformes n’affichant que la fraction en numéraire lorsqu’une option en titres existe.
Note méthodologique. Les cycles sont calculés sur les cours de clôture quotidiens ; les extrêmes affichés en en-tête des graphiques (PH, PB) correspondent aux extrêmes intrajournaliers et peuvent en différer sensiblement. Ainsi le sommet du tableau, 396,00 € en clôture le 03/01/2022, diffère du PH de 402,10 €, atteint en séance le 04/01/2022 ; de même, le creux retenu est celui du 25/03/2026 à 45,77 € en clôture, alors que le PB de 43,65 € date du 30/06/2026. Le graphique de long terme est établi en bougies hebdomadaires, celui de moyen terme en bougies quotidiennes. Les durées des canaux sont calculées sur une fenêtre d’analyse qui ne coïncide pas nécessairement avec la fenêtre d’affichage des graphiques. Dans le tableau des cycles longs, la durée de cycle est mesurée de creux à creux ; dans le tableau des cycles courts, de sommet à sommet.
II — Analyse macroéconomique et fondamentale
Contexte sectoriel : un risque de disruption structurel, mais borné
C’est la question centrale du dossier, et le premier semestre 2026 permet enfin de la traiter avec des chiffres plutôt qu’avec des intuitions. L’externalisation de la relation client est, depuis 2022, l’un des secteurs désignés comme les plus exposés à l’intelligence artificielle générative. La question n’est pas de savoir si l’automatisation touche le métier — elle le touche — mais où et dans quelle proportion.
Le recul du semestre a deux causes identifiées, et une seule constitue une menace. La première est le repli des services Trust & Safety, c’est-à-dire la modération de contenus : le groupe indique explicitement que la baisse des volumes résulte de la poursuite de l’automatisation de ces tâches. C’est là, et là seulement, que la disruption s’est déjà matérialisée. La seconde est la bascule vers les prestations offshore, principalement vers l’Inde : le déplacement de volumes vers des géographies moins coûteuses fait baisser le chiffre d’affaires tout en améliorant la marge. C’est un effet prix, pas une perte d’activité ; le nombre d’interactions traitées ne diminue pas.
Le contrepoint est chiffré : hors Trust & Safety, la croissance organique sous-jacente ressort à +1,7 % pour le groupe et +2,3 % pour les Core Services. Et les lignes en forte croissance à deux chiffres sont précisément les solutions augmentées par l’IA, les services de données pour l’IA, l’analyse de données et le back-office.
La formulation qui résume le mieux la situation est celle-ci : les lignes qui reculent ne sont pas celles que l’automatisation menace le plus, et les lignes qui progressent sont celles qui l’intègrent. Le risque demeure structurel — la modération de contenu ne reviendra pas — mais il est identifié et circonscrit, non diffus sur l’ensemble du modèle. C’est la nuance qui sépare ce dossier d’une thèse de déclin terminal. Elle ne l’élimine pas : elle en réduit le périmètre.
Résultats du premier semestre 2026 : marge tenue, résultat net en repli
| En millions d’euros | S1 2026 | S1 2025 |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 4 883 | 5 116 |
| Croissance à données comparables | −1,7 % | +1,5 % |
| EBITDA courant | 907 (18,6 %) | — |
| EBITA courant | 662 (13,6 %) | 697 (13,6 %) |
| Résultat opérationnel (EBIT) | 430 | 530 |
| Résultat net part du groupe | 216 | 249 |
| Résultat net dilué par action (€) | 3,70 | 4,19 |
| Cash-flow net disponible (hors non récurrents) | 299 | 279 |
| Taux d’imposition effectif | 29,0 % | 33,1 % |
Le fait marquant du semestre n’est pas le niveau, c’est l’inflexion séquentielle : le chiffre d’affaires du deuxième trimestre recule de 1,2 % à données comparables, après −2,2 % au premier. Premier signe d’amélioration depuis plusieurs trimestres. La marge d’EBITA courant est restée stable à 13,6 %, soutenue par le contrôle des frais généraux et les gains d’efficacité issus de l’IA. Le cash-flow net disponible progresse de 7 %. L’écart défavorable sur les données publiées — −4,5 % contre −1,7 % en comparable — provient d’un effet de change négatif de 165 millions d’euros lié à l’appréciation de l’euro.
Le repli du résultat net s’explique principalement par les coûts de restructuration : 109 millions d’euros comptabilisés au semestre, avec une prévision annuelle relevée à 120-140 millions, contre 70-90 millions annoncés en avril. Il faut lire cette hausse avec sa contrepartie : l’objectif d’économies d’efficacité pour 2026 a été porté de « plus de 100 millions » à 150-170 millions d’euros. Ce n’est donc pas une dégradation subie mais un arbitrage assumé : dépenser davantage aujourd’hui pour économiser davantage demain. Avec une réserve, énoncée par le groupe lui-même : la moitié seulement de ces économies sera réalisée en 2026.
Pour l’exercice 2025 complet, en mise en perspective : chiffre d’affaires de 10,2 milliards d’euros, en hausse de 1,3 % à données comparables hors hyperinflation mais en recul de 0,7 % en publié après un effet de change de −362 millions ; EBITA courant de 1,485 milliard, soit une marge de 14,6 % contre 15,0 % en 2024 ; résultat net part du groupe de 497 millions, résultat net ajusté de 781 millions ; cash-flow net disponible hors non récurrents de 901 millions. La marge s’érode donc lentement, de quatre dixièmes de point par an, tandis que la génération de trésorerie résiste.
Objectifs 2026 confirmés : croissance comparable de 0 à 2 %, marge d’EBITA courant autour de 14,6 %, cash-flow net disponible de 800 à 850 millions d’euros hors décaissements non récurrents.
Catalyseur : le fondateur est parti, un spécialiste de l’IA le remplace
C’est l’événement le plus important de l’année sur ce dossier, et il est de nature différente d’une simple annonce de plan. Jorge Amar, ancien senior partner de McKinsey, a pris ses fonctions de directeur général le 16 mars 2026. Daniel Julien, fondateur de l’entreprise en 1978 et dirigeant pendant près de quarante ans, a quitté ses fonctions exécutives le 15 mars — ainsi que le conseil d’administration. Le directeur général délégué aux finances, Olivier Rigaudy, et Thomas Mackenbrock sont partis à la même date. Le conseil est désormais présidé par Moulay Hafid Elalamy.
Le mandat du nouveau dirigeant est le déploiement à grande échelle du plan stratégique Future Forward, centré sur l’IA, et la conduite d’une revue stratégique d’envergure susceptible d’aboutir à un changement de périmètre. 2026 est la première année pleine de ce déploiement.
Objectifs à moyen terme 2026-2028, qui constituent autant de jalons vérifiables : retour à une croissance comparable de +4 à +6 % en 2028, marge d’EBITA courant d’environ 15,5 % en 2028 après coût de la transformation IA, et cash-flow net disponible cumulé d’environ 3 milliards d’euros sur 2026-2028.
Ces objectifs supposent une inversion complète de la trajectoire actuelle : passer de −1,7 % à +5 % de croissance en deux ans, et de 13,6 % à 15,5 % de marge. Un plan annoncé n’est pas un plan exécuté, et l’écart entre le point de départ et la cible est ici considérable.
Structure financière : une dette du même ordre que la capitalisation
Le capital est composé de 59 874 365 actions. Au cours de 70,00 €, la capitalisation ressort à environ 4,19 milliards d’euros. La dette nette s’élevait à 3,966 milliards d’euros au 31 décembre 2025, en légère progression sur l’exercice.
Ce rapprochement est le fait financier dominant : la dette nette est du même ordre de grandeur que la capitalisation boursière. La valeur d’entreprise, environ 8,2 milliards d’euros, appartient donc pour moitié aux créanciers. Cela amplifie mécaniquement, dans les deux sens, l’effet de toute révision de perspectives sur le cours de l’action — et éclaire la volatilité de 56,8 % relevée en première partie. Sur cette base, la valeur d’entreprise représente environ 5,5 fois l’EBITA courant 2025 et le levier s’établit autour de 2,1 fois l’EBITDA, pour une cible annoncée de 1,2 fois à horizon 2028. Ce désendettement programmé consommera une part du cash-flow et limite d’autant la marge de manœuvre pour de nouveaux rachats d’actions.
Le profil d’échéances a en revanche été sécurisé. En mai 2026, le groupe a émis de nouvelles obligations senior non garanties à 5 et 8 ans, notées BBB par S&P, et racheté 600,1 millions d’euros sur ses souches 2027 et 2028, l’opération ayant été réglée le 29 mai. Le bilan n’est donc pas un point de fragilité à court terme. La dette nette au 30 juin 2026 n’était pas encore détaillée publiquement à la date de rédaction ; le chiffre cité est celui de la clôture annuelle auditée.
Dividende : la seule série qui n’a jamais fléchi
| Exercice | Dividende | Détachement |
|---|---|---|
| 2021 | 3,30 € | avril 2022 |
| 2022 | 3,85 € | avril 2023 |
| 2023 | 3,85 € | mai 2024 |
| 2024 | 4,20 € | mai 2025 |
| 2025 | 4,50 € | 26 mai 2026 |
Sur cinq exercices durant lesquels le cours a perdu près de 88 %, le dividende n’a jamais été coupé et n’a stagné qu’une seule année. Il a progressé de 36 % au total. Au cours de 70,00 €, le rendement ressort à 6,43 % ; au creux du 25 mars, il atteignait 9,83 %. Le coupon représente une charge d’environ 269 millions d’euros, couverte trois fois par le cash-flow net disponible attendu. Cette couverture est l’argument le plus concret contre la thèse du déclin terminal : une entreprise en perdition ne distribue pas le tiers de sa trésorerie disponible.
Actionnariat : aucun bloc de contrôle
Au 31 janvier 2026, le capital de 59 874 365 actions donnait droit à 61 350 991 droits de vote bruts. L’écart, d’un peu moins de 1,5 million, signifie que à peine 2,5 % du capital bénéficie du droit de vote double. Malgré le dispositif de la loi Florange, il n’existe donc aucun bloc de contrôle consolidé par des droits de vote renforcés.
Le noyau identifié d’actionnaires de référence est modeste : Bertelsmann, entré au capital lors de l’acquisition de Majorel, le groupe Saham et le fondateur Daniel Julien totalisent environ 9,7 % du capital. Le reste est détenu par des investisseurs institutionnels internationaux — parmi lesquels FIL Limited, BlackRock, Norges Bank et Vanguard sont régulièrement cités — sans participation de contrôle. Les répartitions publiées par les agrégateurs financiers divergent sensiblement entre elles ; le détail chiffré de référence figure au document d’enregistrement universel 2025, déposé auprès de l’AMF sous le numéro D.26-0080.
Cette absence de verrou capitalistique, conjuguée au départ du fondateur du conseil et à une revue stratégique en cours, rend le groupe structurellement disponible : opérable par un acquéreur, accessible à un actionnaire activiste. C’est un facteur à intégrer dans les scénarios, sans en faire une anticipation.
Couverture analytique : un désert de conviction plutôt qu’un désert de couverture
Le dossier est suivi, mais les analystes ne parviennent pas à trancher. Sur un relevé de treize analystes, l’objectif moyen à douze mois s’établit à 77,23 €, avec une estimation haute à 140 € et une estimation basse à 50 €. Un autre relevé, plus restreint, donne un objectif médian de 63 € sur cinq avis, tous neutres, échelonnés de 60 à 68 €, avec des mises à jour de Goldman Sachs le 5 août et de TP Icap Midcap et Morgan Stanley le 3 août. Parmi les mouvements récents, AlphaValue est passé à l’achat et Morgan Stanley a relevé son objectif de 56 à 61 € tout en restant neutre.
Une fourchette de 50 à 140 €, soit un facteur 2,8 entre les extrêmes, sur une valeur du SBF 120 suivie par une douzaine de bureaux, n’est pas le signe d’un dossier délaissé. C’est la signature d’une incertitude portant sur le modèle d’affaires lui-même, et non sur la prochaine publication. Ce désaccord se lit aussi dans les volumes : hors séance exceptionnelle de rééquilibrage indiciel, la rotation du capital atteint environ 145 % par an. Une valeur dont l’intégralité du capital change de main en huit mois n’est pas abandonnée : elle est violemment disputée.
Indices et éligibilité PEA
Le 11 septembre 2025, le conseil scientifique des indices d’Euronext a décidé de retirer Teleperformance du CAC 40, remplacée par Euronext, sur la base des critères de capitalisation flottante et de liquidité. La sortie a pris effet après la clôture du 19 septembre, effective le lundi 22 septembre. Le titre a rejoint le CAC Next 20 et demeure dans le SBF 120. Il était entré au CAC 40 le 20 juin 2020 : cinq ans et trois mois de présence dans l’indice phare.
Un point mérite d’être souligné car il contredit une intuition répandue : l’exclusion n’a pas provoqué de chute. Les fonds indiciels ont vendu le 19 septembre, dans un volume de 4,8 fois la médiane ; le lundi de la sortie effective, le volume est retombé à 1,4 fois la médiane et le titre a progressé de 3,03 % le lendemain. L’exclusion n’est pas la cause de la baisse, elle en est la conséquence institutionnalisée — annoncée onze jours à l’avance, et surtout postérieure de six semaines au véritable choc. Son effet durable porte sur la liquidité en euros, pas sur le cours.
Éligibilité : PEA oui, PEA-PME non
L’action TEP est éligible au PEA (société française cotée sur Euronext Paris, compartiment A, ISIN FR0000051807) et éligible au SRD. Elle n’est pas éligible au PEA-PME : avec environ 490 000 collaborateurs et 10,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le groupe se situe très au-delà des seuils légaux. Plusieurs fiches valeurs d’agrégateurs financiers affichent néanmoins la mention « PEA-PME » sur ce titre : c’est une erreur. L’éligibilité doit être vérifiée sur les critères, jamais lue sur une fiche.
III — Synthèse prospective
Convergence : quatre lectures indépendantes, un même point d’inflexion
Le fait technique dominant de long terme est simple : le cours évolue sous le support d’un canal haussier validé pendant trente-quatre ans, situation observée sur 3,1 % seulement de l’historique. Tout le reste s’organise autour de cette anomalie.
Quatre lectures construites de manière indépendante convergent vers la même date charnière, le 25 mars 2026. Le tableau des cycles y place un creux qui clôt la baisse la plus profonde et la plus longue de l’histoire du titre. Le canal baissier de moyen terme a vu sa résistance franchie pour la deuxième fois depuis, avec cinq clôtures au-dessus depuis le 31 juillet. Le calendrier fondamental place l’inflexion séquentielle du chiffre d’affaires — −1,2 % au T2 après −2,2 % au T1 — et l’arrivée d’une nouvelle direction au premier semestre 2026. La structure de marché, enfin, révèle une position vendeuse de 10 % du capital exigeant vingt séances de rachat.
Mais la convergence n’est pas une confirmation, et deux faits l’entament sérieusement. Le premier : le même signal de sortie du canal baissier s’est produit en mai 2026 et a échoué en cinq semaines, avec un repli de 39,5 %. Le second : huit rebonds ont été effacés depuis 2022, aucun n’ayant dépassé +66 %, et le rebond en cours affiche +52 %. La configuration actuelle est, techniquement, indiscernable de celles qui ont précédé les huit échecs.
Le véritable test n’est donc pas le franchissement des 65,60 €, déjà acquis, mais celui de la zone des 84-90 € où se rejoignent le support séculaire, le haut du gap de 2025, la dernière clôture d’avant-krach et le sommet cyclique de juillet 2025. Tant que cette zone n’est pas atteinte, la sortie du canal baissier reste réversible ; si elle est franchie, la question du canal séculaire se posera dans les termes inverses.
| Scénario | Probabilité | Lecture technique | Conditions fondamentales |
|---|---|---|---|
| Constructif | 35 % | La sortie du canal baissier se confirme, les 65,60 € se transforment en support. Dépassement de l’amas 75,66-78,14 €, puis comblement partiel du gap vers la zone 84-90 €, où le cours retrouverait le support du canal séculaire (+25 %). Le rachat des positions vendeuses amplifie le mouvement par à-coups. Le canal trentenaire retrouve sa validité. | Chiffre d’affaires du T3 (5 novembre) confirmant l’inflexion séquentielle ; stabilisation du recul de Trust & Safety ; coûts de restructuration contenus dans la fourchette 120-140 M€ ; cash-flow net disponible livré entre 800 et 850 M€ ; dividende maintenu. Éventuellement, un événement de périmètre issu de la revue stratégique. |
| Latéral | 40 % | Neuvième échec du scénario de rebond, sans rechute sur les plus bas. Le cours retombe dans le canal baissier et oscille entre sa médiane (46 €) et sa résistance (65-70 €), au rythme du balancier médian de cinq mois observé depuis 2022. Le canal séculaire reste inopérant sans être invalidé. | Croissance 2026 dans le bas de la fourchette 0-2 % ; marge tenue à 14,6 % mais sans revalorisation des multiples ; le désendettement vers 1,2 fois l’EBITDA absorbe le cash-flow ; pas de preuve tangible du pivot IA avant 2027 ; consensus des analystes durablement neutre. |
| Dégradé | 25 % | Retour sous 65,60 €, puis test et rupture du double creux 45,77-45,98 € et du plus bas de 43,65 €. Le canal séculaire est alors invalidé comme cadre d’analyse, et la référence devient le support du canal baissier, à 32,30 €. | Contagion de l’automatisation aux Core Services au-delà de Trust & Safety ; abaissement des objectifs 2026 ou 2028 ; nouvel avertissement d’un concurrent, dont l’effet du 30 juin a montré la portée ; dérive des coûts de restructuration ; à l’extrême, remise en cause du dividende, dont le maintien est aujourd’hui le principal marqueur de solidité. |
Ces pondérations expriment un état de l’information au 9 août 2026. Elles ne constituent ni une prévision ni une recommandation, et les niveaux cités sont des repères historiques et géométriques, non des objectifs de cours. Le scénario latéral est le plus probable non par prudence de principe, mais parce que huit rebonds consécutifs ont échoué depuis 2022 et qu’aucun élément ne permet encore d’affirmer que le neuvième sera différent.
Jalons de suivi
- 5 novembre 2026 — chiffre d’affaires du troisième trimestre. C’est le rendez-vous décisif : il dira si l’inflexion séquentielle du T2 est une tendance ou un accident. Attention à la chronologie de réaction : TP publie après clôture, et le marché réagit à la séance suivante.
- Frontières graphiques à la hausse — 75,66-78,14 € (première résistance et sommet du faux signal de mai), puis la zone décisive 84,84-89,42 € incluant le support séculaire à 87,70 €.
- Frontières graphiques à la baisse — 65,60 € (résistance du canal baissier devenue support de la sortie), 46 € (médiane), 45,77-43,65 € (double creux et plus bas intrajournalier).
- Évolution des positions vendeuses — les déclarations supérieures à 0,5 % du capital sont publiques et quotidiennement mises à jour par l’AMF. Une contraction du total de 10 % du capital serait un signal à part entière.
- Revue stratégique — toute annonce de changement de périmètre, dans un contexte d’actionnariat sans bloc de contrôle.
- Fin mai 2027 — détachement du dividende au titre de 2026, dont le niveau constituera le principal test de confiance de la nouvelle direction.
Cette analyse est publiée à titre d’information et de veille ; elle ne constitue en aucun cas un conseil en investissement ni une recommandation d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir en Bourse comporte un risque de perte en capital. Chaque lecteur est invité à mener sa propre analyse et, le cas échéant, à consulter un conseiller agréé.
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